agence méditerranéenne de développement artistique et conseil en programmation

mezwej TOUS LES HOMMES DANSENT

Zad Moultaka, Tous les hommes dansent Conte musical
pour cinq chanteurs absents, un ténor soliste, saxophone, percussions & vidéos
40’ - 2013
d'après Sir Laurens Van der Post
Ensemble Mezwej
Marc Manodritta, ténor / Joël Versavaud, saxophones / Claudio Bettinelli, percussions
Création Festival Al Bustan le 10 mars 2013 Beyrouth
extrait vidéo

un projet mezwej 2013
production art moderne marseille
En partenariat avec
Al Bustan Festival - Mezwej - CCF Beyrouth - Institut français - Onoma
avec le soutien de la Drac et du Conseil Régional Provence-Alpes Côte d’Azur

Celui qui apprendra à voler
donnera à la terre un nom nouveau,
il l'appellera légère.
F. Nietzsche, Zarathoustra

Zad Moultaka a l’obsession des mondes perdus. Une inquiétude sourde liée à la disparition ne lui laisse aucun répit. Cette tension se traduit par une grande concentration et une extrême puissance dans son expression musicale. Ici, à travers un travail électroacoustique et vidéographique raffiné, une scénographie lumière étudiée et à l’aide de cinq chanteurs virtuels, un ténor et deux instrumentistes, se trame un récit épique, une mythologie poétique sous une forme théâtralisée. Le conte s’inspire du témoignage de Sir Laurens Van der Post, explorateur et philosophe sud-africain, dans son ouvrage “Le monde perdu du Kalahari.
Le compositeur rend hommage à une culture ancestrale effacée, l’univers des Bushmen décimés par la colonisation et la mondialisation à l’œuvre depuis la fin du XVIIIe siècle. En explorant leur langue à clics, leur imaginaire, leur poésie, il nous invite à questionner notre propre monde, nos gestes et notre rapport à la nature. Un travail d’aller-retour entre présence et absence, jeu sur les deux mouvements de la parole, sur les deux aspects de la réalité, le réel et ses simulacres : les visions, les ombres, les échos... On ne verra pas de danseur sur scène, la danse est une métaphore de la joie de la quête, annonçant l’imminence de son jaillissement.
Les instrumentistes, le chanteur deviennent les véritables protagonistes de l’aventure. Le décor, les projections sonores et visuelles, la lumière, tout participe ici d’un art de la métamorphose.
Catherine Peillon







Quelque chose d'inexplicable m'a poussé avec persistance vers un peuple que je connais peu. Est-ce la proximité du destin qu'il partage avec les indiens d'Amérique, ce peuple pacifiste poignardé par la cupidité et la convoitise et dont la mémoire me hante depuis des années ?
Je ne connaissais des Bushmen que leur langue, et c'est déjà merveilleux et précieux pour un musicien de l'avoir croisée sur son chemin. Il n'existe aujourd'hui pratiquement plus de Bushmen vivants avec leurs coutumes et dans leur environnement naturel. Ils ont été déracinés, coupés de leur source vitale et de leur richesse ancestrale. Il n'en demeure pas moins que leurs danses et leurs chants existent toujours.
Questionner l'énergie de ces hommes qui pourrait être la nôtre, leur rapport au sol et à la terre qui devrait être le nôtre, réfléchir sur la disparition d'un peuple, d'une terre, d'une civilisation, ce danger qui nous guette tous, quelle que soit notre appartenance, telle est l'ambition de ce projet. Un percussionniste et un saxophoniste seraient l'ombre de cette étrange langue percussive et mélodieuse à la fois, l'ombre d'un chant perdu, qui se cherche dans nos résonances intérieures.
En quête de lien, musiciens et chanteurs, aux multiples visages, chantant à nu ou reflétant à l’aide de masques, nos propres regards. Des âmes déambulant sur l'espace scénique, errantes entre la projection d'images mémorielles et l'absence;

Zad Moultaka